Le corps humain est conçu pour fonctionner de manière remarquablement rationnelle et efficace lorsqu’il est mis en mouvement conformément à la dynamique naturelle qui lui est propre. Lorsque cette dynamique est pleinement réalisée par l’unité de la conscience, de l’énergie et du corps, apparaît ce que j’appelle le Qi.

Cependant, parce que l’énergie et la conscience — des éléments invisibles — se trouvent au fondement de ce fonctionnement, il est très facile de tomber dans l’illusion ou l’autosuggestion si l’on se fie uniquement à ses sensations. Bouger lentement le corps et éprouver une sensation agréable ne produit, dans la plupart des cas, rien de plus qu’un effet placebo.

sochokun — Arts martiaux internes est une publication soutenue par les lecteurs. Pour recevoir de nouveaux posts et soutenir mon travail, envisagez de devenir un abonné gratuit ou payant.

C’est pourquoi, dans mon enseignement du Qi Gong, il ne s’agit pas de rechercher des sensations pour elles-mêmes. Toute sensation doit être corroborée, vérifiée et justifiée par l’expérience.

C’est précisément le rôle du travail avec un partenaire. Par le contact avec l’autre, en étant confronté de manière répétée à des phénomènes face auxquels la force ne peut rien et que l’intellect seul ne permet pas de comprendre, on en vient à reconnaître, à travers son propre corps, la réalité de ces mécanismes invisibles.

Voilà ce que j’appelle la pratique du Qi Gong.

Dans l’étude du Taijiquan et du Xingyiquan, il est essentiel de comprendre que le but de l’entraînement dans les arts martiaux internes n’est pas d’apprendre des techniques. Il consiste à renoncer à la volonté de manipuler l’autre, afin d’apprendre à accorder son propre fonctionnement aux transformations naturelles des choses, sans entraver leur dynamique propre.

Cette concordance devient, à elle seule, la technique. La technique n’est pas quelque chose que l’on fabrique ; c’est quelque chose qui émerge.

Une telle technique ne s’acquiert ni par la répétition mécanique des formes ni par l’accumulation de mouvements. Il s’agit de confier son corps au principe universel que représente la forme, d’y découvrir la dynamique naturelle des choses, puis de réunir ces éléments en un tout cohérent. Cette technique est invisible aux yeux des autres. Elle ne peut ni être copiée ni être volée. C’est précisément pour cette raison qu’elle mérite véritablement le nom de technique.

Lorsque la conscience, l’énergie et le corps s’accordent à la dynamique naturelle des choses, alors apparaît ce que j’appelle le Qi. Telle est, selon moi, la racine même des arts martiaux internes.

Taiji Quan (Taichi Chuan)

Xingyiquan (Xingyi Quan)

Qi Gong martial